Surprise...sur prise. Mediapart enquête. Le Rassemblement National prend peur...quelques jours.


Jordan Bardella lors d'une conférence de presse du Rassemblement National 

6 octobre 2026FP


Cela faisait un très long moment que je n'avais pas utilisé ce blog "d'actualités personnelles" comme un marqueur d'actualités politiques.

Mais depuis plusieurs mois, j'ai le sentiment que le temps à la fois se raccourcit - l'effet de l'âge qui avance - mais qu'il est aussi reparti dans une boucle rétroactive.

Alors que les années trente de ce siècle approchent, j'ai l'impression de me fondre chaque jour un peu plus dans le temps de la jeunesse de mes parents, lorsqu'ils se sont rencontrés dans le quartier où j'habite depuis deux ans, quand ils se sont mariés, qu'ils ont connu la courte période enchantée du Front populaire et des premiers congés payés, puis, très vite, trop vite, lorsqu'ils ont dû subir l'horreur d'une séparation de six années. Pris dans les confrontations sanglantes proches ou lointaines d'une guerre mondiale.

Nouvelles années trente, voire années vingt entre Jeux Olympiques et assaut des "Camelots du Roi" ? 

Nouvelles horreurs totalitaires ? 

Nouvelles guerres mondialisées ou planétaires partant de foyers contenus par des sacrifices humains insupportables en Ukraine ? 

Nouvelles Anschluss en préparation dans les pays européens que j'ai appris à aimer en y travaillant ? 

Nouveaux autocrates doublés de technocrates, doublés de technotyrans-technoriches ? 

Je ne peux certes pas me plaindre de mes quatre-vingt années ! 

Contrairement à eux, j'aurais vécu une arche de paix, certes contrainte par l'équilibre des terreurs nucléaires, mais dans un sentiment que les pays où j'ai habité reposaient, pour la plupart de leurs épisodes politiques dangereux, sur le respect majoritaire des valeurs dont les institutions européennes pour lesquelles j'ai travaillé, ont été fondées. 

Mais ce sentiment de sécurité, de respect d'une citoyenneté enrichie de ses diversités, d'équilibre des pouvoirs, me semble partir chaque jour en lambeaux. Des garde-fous qui tombent !

Je suis au sens propre terrifié, entre autres, depuis ce matin de février 2004 où l'armée russe est entrée en Ukraine, isolant mes amis de Kherson et Kharkiv dans une nasse de barbarie. 

Et tout autant, depuis ces journées où un président américain a attisé la pire des réactions : celle de la tentative de prise du pouvoir par la violence en "autorisant" l'entrée d'une foule haineuse dans le Capitole, symbole de valeurs communes réduites au viol.

Entouré de ces effondrements, mon pays me semble comme en attente, comme fasciné par une répétition de l'histoire, avec cent années de décalage, comme pris dans le tourbillon de messages courts, d'images choquantes et de mensonges irréels nommés des "vérités alternatives".

Une illustration criante longuement, pédagogiquement mise en lumière par "Mediapart" : les mensonges sereins, répétés, et assez largement acceptés, d'un jeune homme pressé qui pense ouvrir dans quelques mois les portes du gouvernement de mon pays. 

Je cite, sans autre commentaire, sinon en remerciant les journalistes :

"Le cas de figure ne s’était jamais présenté. Lundi 28 septembre, à 15 h 27, Mediapart publie son premier article sur les écrits antisémites de Jordan #Bardella. Au même instant, une journaliste de Mediapart se tient à moins d’un mètre de… Marine Le Pen. Et recueille « en direct » la réaction de la candidate du RN à l’élection présidentielle, éberluée.

Un traquenard ? Même pas. Un presque hasard. À l’origine, nous pensions publier l’enquête lundi, vers 17 heures. Mais Jordan Bardella a répondu beaucoup plus vite qu’imaginé, dès le dimanche soir. On peut donc, si on le souhaite, avancer la publication. Encore faut-il être prêt."

"Vous avez dit antisémite ? Mais ce ne sont que des mensonges !"

Des réactions, des soutiens, un partage des analyses, sur le fond ?

"Laura Wojcik et Youmni Kezzouf (les journalistes de Mediapart) ont d’autres explications : « La campagne va être longue. Personne ne veut se fâcher. Sans compter qu’ils intimident : il y a la peur de se faire descendre devant tout le monde, d’être traité de gauchiste, que la séquence atterrisse sur les réseaux sociaux. » En clair, pour faire face aux dirigeants du RN, il faut du courage, de la ténacité et se sentir soutenu par sa rédaction. Ce n’est pas donné à tout le monde."

Et la page du journal se tourne, à peine ouverte !

Mais pas mon blog, du moins pour l'instant.

Je me prépare aux nouvelles années trente, même si je n'ai que peu de chances de les atteindres !




#lhorreurrn

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